Photo Pascal Lombard S

 

Pascal Lombard (né en 1959, Beaux Arts de Besançon, vit et travaille à Besançon et Ornans). Sa peinture a tempera occupe une place singulière dans son œuvre, tant par la technique employée que par l’atmosphère qui en émane. La tempera, médium ancien à base de pigments liés par une émulsion à l'œuf, exige précision, patience et maîtrise. Ce choix n’est pas anodin : il inscrit son travail dans une temporalité lente, presque artisanale, en opposition aux procédés plus immédiats de la peinture contemporaine.

Chez Pascal Lombard, la tempera permet une construction progressive de l’image par fines couches successives. Chaque strate est appliquée avec délicatesse, créant une profondeur subtile et une lumière intérieure caractéristique. Contrairement à l’huile, la tempera offre un rendu mat et velouté qui absorbe la lumière plutôt que de la réfléchir. Cette qualité renforce l’impression de silence et de recueillement qui se dégage de ses œuvres.

La matière, bien que discrète, reste vibrante. Les surfaces semblent respirer, animées par de légères variations chromatiques et des transitions presque imperceptibles. La palette, souvent nuancée et harmonieuse, révèle une grande sensibilité aux tonalités intermédiaires sourdes.  La lumière, diffuse ou plus affirmée, agit comme un révélateur : elle fait émerger des formes suggérées plutôt que définies, laissant place à l’imaginaire. 

La technique de la tempera favorise également une grande précision dans le dessin sous-jacent. On perçoit parfois la structure préparatoire, comme une ossature discrète soutenant la composition. Cette rigueur formelle dialogue avec une dimension plus intuitive, créant un équilibre entre maîtrise et lâcher-prise.

Son travail se distingue par une attention particulière aux textures et aux superpositions. Les surfaces semblent vibrer, construites par strates successives, laissant apparaître des traces, des transparences et des zones d’effacement. Cette approche donne à ses toiles une dimension organique : la matière devient vivante, traversée par des tensions subtiles entre densité et légèreté. On peut y percevoir des paysages intérieurs, des horizons flous, des fragments de mémoire. Rien n’est figé ; tout semble en devenir. Cette tension entre apparition et disparition constitue l’une des forces majeures de sa peinture.En somme, l’œuvre de Pascal Lombard s’inscrit dans une démarche sensible et introspective. Elle propose un espace de respiration dans lequel le spectateur est invité à ralentir, à observer et à se laisser traverser par l’émotion silencieuse de la matière et de la lumière.